News

  * *
Opening - Solo Exhibition-Centre Culturel Coréen-Paris
Kyung-ae ( HOMEPAGE )03-03 10:11

UPLOAD 1 ::Opening_03_hom.jpg (470.5 KB) | DOWN : 6

UPLOAD 2 :: Opening_04_hom.jpg (536.7 KB) | DOWN : 14




HUR KYUNG-AE  "Dé-collage"

Exposition du 22 février au 21 mars 2012

Vernissage de l’exposition : le mercredi 22 février 2012 à 18h

du lundi au vendredi de 9h 30 à 18h (le jeudi jusqu’à 20h) et le samedi de 13h à 17h

Centre Culturel Coréen
2 avenue d’Iéna 75016 Paris Tel : 01 47 20 83 86
www.coree-culture.org

Commissaire de l’exposition : Sang-A Chun

Dans le cadre de la série « Regard sur les artistes coréens prometteurs »

/////////////////////////////////////////////

파리 한국문화원
" 주목할만한 작가전 " 콩쿨2012 당선 - 초대개인전

기간 : 2012년 2월22일(수)~3월21일(수)
오프닝 : 2012년 2월22일(수) 18시부터
장소 : 주프랑스 한국문화원
          2, avenue d’Iéna, 75116 Paris
Tel. : 01 47 20 83 86
        매주 금요일 (9시 30분~18시)  
단, 매주 목요일은 20시까지, 토요일은 13시~17시

큐레이터 ; 전상아

///////////////////////////////////////////

주 프랑스 한국문화원은 오는 2월 22일부터 3월 21일까지 2011-2012년 « 주목할 만한 작가 »시리즈의 세번째 전시로 허경애의 개인전을 마련한다. 본 전시는 두터운 층을 이루며 캔버스 위에 중첩된 물감들을 긁어서 « 덜어내는 » 반복된 제스처, 즉 이러한 행위가 남기는 « 흔적 »들이 회화의 주조가 되는 평면작업과 설치 등 십 여점을 소개한다.
« 붉은 숲 », « 바다 », « 파도 », « 초원 », « 정원 », « 무지개 », « 주홍빛 바람 », « 가을 » 등의 작품명들은 다양한 색채의 조합과 질감, 제스처를 짐작케한다.
허 경애의 회화에는 그리고자 하는 주제나 소재, 엄격한 의미에서 미리 짜여진 계획이나 화면구성이 배제되어 있다. 작가는 캔버스 위에 색색가지 물감을 얹듯이 덧입히는 반복된 행위를 통해 작업에 착수한다. 이를 커터칼이나 조각도로 긁거나 도려내고 이따금 캔버스의 표면을 찢기도 하는데, 이는 또 다른 하나의 « 생산 »을 목적으로 설치나 오브제라는 새로운 형태로 거듭난다. 이렇듯 허경애의 작업은 전시타이틀인 Dé-collage라는 언어유희가 암시하듯이, 구체적으로 특정사물을 표현하거나 그려내기 위함이 아닌, 단지 물감을 차곡차곡 쌓고 마티에르를 걷어내는 반복된 프로세스의 결과물이다.
허경애는 캔버스 위에 무언가를 그려내야 하는 부담감에서 오히려 이를 덜어내고 없애기를 시도하면서 그만의 작업방식을 찾는다. 긁기, 찢기, 자르기, 붙이기 등 그가 구사하는 일련의 테크닉들을 작가는 « 파괴 », « 제거 » 또는 « 해체 » 행위로 간주한다. 이는 작가에게 그림화면의 마티에르에 자발성을 부여함으로써 확장된 의미의 공간성 획득을 가능케 하는가 하면, 회화에 대한 새로운 비젼제시를 돕는 창조적 원동력이 된다.
« 시루떡 », « 달콤한 생각 », « 그림마시기 », « 그림 베어먹기 »… 허경애의 그림들은 화려한 색채와 넘쳐나는 마티에르, 감각적인 작품명들처럼 현혹스럽고 자극적이기까지 하지만, 구득구득 마른 물감층을 이가 갈리는 소음을 감수하면서 긁고 도려내는 작업과정에서, 작가가 쏟아붓는 에너지와 단지 마티에르가 아닌 회화에 대한 그의 의구심과 이에서 해방되고자 하는 의지를 엿본다.
허 경애는 1977년 광주에서 태어나 현재 파리에서 살며 작업을 하고 있다. 전남대와 성신여대에서 각각 서양화와 판화를 전공하고 프랑스로 건너와 세르쥐 퐁투와즈 국립 미술학교를 거쳐, 2009년 파리 1대학에서 조형예술학 마스터 2 학위를 마친다. 프랑스, 한국, 독일, 헝가리, 일본, 중국 등 유럽은 물론 세계각지에서 각종 그룹전 참여와, 작년 말부터 올해 여름까지 계획된 여섯 차례의 개인전 일정을 위해 왕성한 작품제작 활동을 하고 있다.

【큐레이터 전상아】

////////////////////////////////////////////


SCARIFICATIONS, SILLAGES


Qu’est-ce que la peinture ? Un corps, une peau. De cette observation simple, mais étonnante dans ses prolongements possibles, Kyung Ae Hur en a tiré une esthétique de la surface et le la matière. Bien plus profondément que ne l’avait imaginé le groupe Supports Surfaces, la déconstruction est au centre de son travail, et rien dans cette entreprise de sape ne sera épargné. La toile, elle la peint avec force matière, et couleurs vives, puis elle la taille en pièces, elle la gratte, elle la scarifie, ou elle la découpe en lanière fines verticales, rendant tout sujet illisible, ou encore elle la réduit en fines parcelles de peinture détachées du support qui sont comme les restes d’un gigantesque raclage de la surface. Quelquefois des lambeaux pendent et s’enroulent comme des langues de vieille tapisserie. D’autres fois on a l’impression de retourner à la poussière, comme une fin du monde. Avec Kyung Ae Hur la peinture s’est vraiment mise à déchanter.

C’est d’abord une vision sadienne du tableau,  que les ongles ont griffé, que la lame du cutter a tranché, que d’invisibles Parques ont détissé… Au-delà de l’art informel, du tachisme, cette mise en parcelles et copeaux de la surface est un adieu déchirant à la peinture occidentale, celle qu’on voit dans les musées et les foires, et qu’on enseigne aussi dans les universités coréennes, dans les département de peinture occidentale. A toute cette histoire de la peinture, l’artiste veut dire adieu, un adieu qui a goût d’apocalypse.

C’est de cette démolition calculée de la peinture qu’elle a fait son œuvre, dans l’art contemporain, recueillant cette précieuse sciure, ces reliquats d’une chapelure chromatique, comme si l’on devait voir désormais l’image autrement : dans ses composants nus, in-supportables, car elle sait que l’ancien tableau est un coup monté, dans ses ingrédients multiples et hétérogènes, criant, crissant, grinçant, ou alors quantitativement, en tas plus ou moins conséquents de déchets bigarrés. Ainsi s’expliquent ses dispositifs pour recueillir les traces de cette poudre aux yeux : de petites étagères, comme au bas de nos anciens tableaux noirs, recueillaient la précieuse poussière, transformant en sable chamarré ce bel édifice. D’autres fois, c’est la toile même qu’elle détisse, défaisant l’ouvrage, telle Pénélope, rembobinant la pelote chromatique.

Cette peau de la toile qu’elle agresse allègrement ne cherche jamais la figure, mais la matière. La matière chromatique est pour elle, sous des dehors impulsifs, l’objet d’une profonde méditation. Peinture abstraite et presque phénoménologique, se limitant aux éléments qui rendent la peinture possible : pellicule plus ou moins épaisse, châssis, toile tissée, couleur.  Cette peinture abstractisée, Kyung Ae Hur l’approfondit, elle la fouille, elle la scarifie, avec force fantaisie qui va de la pelade à la fantasmagorie.  Loin d’être dans la nostalgie de l’ancienne peinture, après qu’elle ait taillé et entaillé la toile, elle en fait des gerbes, toupets ou lanières, des chevelures pendant de tréteaux artistiquement dressés les transforment en cascades,  des fouets, de nouveaux fils giclant dans l’espace comme ceux de l’araignée… Elle veut manger ainsi nos regards piégés par ces filets défilés que l’artiste arachnéenne veut tisser autrement. Elle nous fait déglutir savamment les vues que nous pouvions avoir sur la peinture, sur l’ancienne peinture alimentaire, pour les broyer et les digérer autrement.

A y regarder de plus près, sa peinture n’est pas qu’un cataclysme de matière : elle est composée avec beaucoup d’économie, elle est tendre et fragile, sérielle et ordonnée mais parfois féérique. Kyung Ae Hur a le sens de la fête, dans la gerbe chromatique qu’elle impose au regard, où dominent les rouges et les verts fluo. Elle se nourrit aussi du spectre des couleurs coréennes qu’on lit sur les temples, la symbolique des couleurs qui nous font vibrer, tel un  mandala écartelé, avec le grand monde. Elle transforme ainsi sa peinture en un véritable festin. Ce sont des gâteaux qu’elle fabrique avec la mouture plus ou moins fine de ses toiles battues. Une cuillère nous donne à goûter cette impossible pitance, à remuer ce sulfureux cocktail. Elle recueille comme un moût précieux, dans des verres à pied pompeux, les restes de l’ancienne peinturlure : elle les transforme en un breuvage délicieux et futile qu’elle met dans des coupes pour que nous trinquions à la fin de l’art même, dans un grand démasqué de la peinture-peinture, qui prend toutes les couleurs du carnaval dans sa cartographie intime.

Bonne route, Kyung Ae Hur, avec cet enivrant festin de Pierre, qui pour une fois, dans les couleurs donjuanesques pour notre oeil rassemblées, se termine bien : dans une danse d’un art gai, ludique, impétueux, explosif, sérieux et régénéré.

Michel Sicard.

  목록보기

Copyright 1999-2020 Zeroboard / skin by GGAMBO